Richard Bland affirme que l'avenir de la LIV Golf ne dépend plus de l'argent mais de la signature des joueurs, alors que les membres du circuit disent ignorer encore ce qui les attend en 2027.
L'argent est là, les joueurs manquent encore
L'Anglais de 53 ans, arrivé sur le circuit saoudien en 2022 et engagé sous les couleurs des Cleeks GC de Martin Kaymer, a posé le problème là où personne ne l'attendait il y a encore un an : non plus dans les caisses, mais sur la liste des engagés.
Le financement est là. Mais même si l'argent est là, rien ne garantit en théorie que la LIV 2.0 continue s'ils n'ont pas le soutien des joueurs. Une fois que tout sera réglé avec la LIV 1.0, tout dépendra du soutien des joueurs et de ceux qui signeront pour la nouvelle ligue.
Le contexte donne à ces mots un relief particulier. Début août, le directeur général de la LIV, Scott O'Neil, a annoncé qu'un accord était conclu avec un investisseur principal, dont le nom n'a pas été révélé, pour financer la ligue au-delà de 2026. Un accord devenu indispensable après la décision du fonds souverain saoudien, le PIF, d'arrêter de financer le circuit après la saison 2026, plus de six milliards de dollars ayant déjà été engagés.
De 2032 à l'arrêt, en quatre mois
Bland raconte un retournement brutal. Réunis à Riyad fin janvier, les joueurs se voient promettre une ligue financée jusqu'en 2032, et l'annonce vient selon lui de Yasir Al-Rumayyan lui-même, le gouverneur du PIF qui a porté la création de la LIV et a depuis quitté la présidence du circuit.
Tout le monde est sorti de cette réunion très positif et enthousiaste pour l'avenir, puis quatre mois plus tard, au Mexique, on apprend que le circuit allait être arrêté. Beaucoup de gars n'en croyaient pas leurs oreilles.
Depuis, les contours de la « LIV 2.0 » se dessinent : dix épreuves au lieu de quatorze, la moitié à l'international sous l'appellation Team Majors et l'autre moitié aux États-Unis, des dotations ramenées de trente millions de dollars à moins de vingt, et des joueurs clés transformés en actionnaires majoritaires de la ligue. Un modèle plus léger, plus incertain, et nettement moins rémunérateur que celui qui avait convaincu tant de joueurs de franchir le pas.
Une sortie plus douce pour les vétérans
Bland, lui, aborde la suite en position de force relative : il avait 49 ans quand la LIV est venue le chercher, et estime qu'« il aurait fallu être fou pour ne pas saisir l'occasion ». Si la nouvelle ligue ne se concrétise pas, dit-il, cela l'affectera moins que les joueurs plus jeunes. Reste le sentiment général, qu'il ne cache pas.
C'est très triste, et le chemin a été très difficile à parcourir, surtout pour le personnel et pour Scott, qui doivent tracer une voie. On est encore un peu dans le noir sur la suite.
Cette incertitude explique en partie le mouvement de retour observé cette saison vers le DP World Tour, dont l'Alfred Dunhill Links Championship offre cette semaine l'illustration la plus visible. Pour beaucoup de joueurs passés par la LIV, la question du prochain contrat est redevenue ouverte.


