le19.golf
21 ans, une victoire devant Scheffler, et une première en équipe à Medinah

Koivun à Medinah : le pari le plus rationnel de Brandt Snedeker

21 ans, une victoire devant Scheffler, et une première en équipe à Medinah

Jackson Koivun, 21 ans, disputera du 24 au 27 septembre sa première Presidents Cup à Medinah Country Club, sur choix du capitaine américain Brandt Snedeker.

Le plus jeune Américain depuis Jordan Spieth débarque à Medinah avec un palmarès que peu de vétérans peuvent aligner

Quand la Ryder Cup s'est jouée à Medinah, en 2012, Jackson Koivun avait 7 ans. Quatorze ans plus tard, il revient sur le même parcours en tant que joueur, dans une équipe américaine où il est le plus jeune représentant depuis Jordan Spieth. Entre les deux, il a fait tenir une carrière universitaire complète et une victoire sur le PGA Tour obtenue devant le numéro un mondial.

Le raccourci est tentant : le capitaine aurait pris un jeune pour le panache, pour l'énergie, pour l'histoire. C'est exactement l'inverse. À l'examen des chiffres, Jackson Koivun est le choix le plus froidement rationnel que Brandt Snedeker pouvait faire. Reste une inconnue, et elle est entière.

Onze victoires universitaires et un doublé que personne n'avait réussi

Le dossier d'Auburn est difficile à relativiser. Koivun y a gagné onze tournois, record du programme, et détient encore les records de l'université dans seize catégories. Il a été élu joueur de l'année de la SEC trois fois, en remportant le titre individuel de la conférence lors de chacune de ses trois saisons : aucun golfeur de la SEC n'avait réussi ce triplé depuis six décennies. Il a aussi contribué au deuxième titre NCAA d'Auburn en trois ans.

Le fait le plus parlant est ailleurs. Les trois trophées américains de joueur de l'année universitaire — le Haskins, le Hogan et le Nicklaus — sont rarement réunis par le même joueur la même année. Koivun les a raflés tous les trois en 2024, puis de nouveau en 2026. Personne n'avait signé ce doublé avant lui. En juin, encore amateur, il terminait 23e de l'US Open et partageait le titre de meilleur amateur du tournoi. Sa carte du PGA Tour, il l'avait déjà décrochée à la fin de sa deuxième année.

Trois départs professionnels, une victoire, et Scheffler derrière lui

Passé professionnel dans la foulée, il n'a pas attendu. Au 3M Open, fin juillet, à son troisième départ chez les professionnels, Koivun s'est imposé avec trois coups d'avance sur Scottie Scheffler. Un 61 au troisième tour lui avait donné le matelas nécessaire ; un 66 final, sans bogey, a suffi à conclure. Son total de 259, soit 25 sous le par, est le record du tournoi. Aucun golfeur de l'histoire, sauf un, n'avait gagné aussi vite sur le circuit après être passé professionnel.

Scheffler n'a pourtant rien lâché : parti six coups derrière, le numéro un mondial a rendu un 63 pour aller chercher une cinquième deuxième place de la saison. Koivun, lui, a raconté ensuite avoir joué ses derniers trous dans un brouhaha entièrement tourné contre lui.

« Partout dans le public, j'entendais : "Scottie arrive, Scottie arrive." J'ai juste essayé de ne pas écouter et de continuer à jouer le golf que je savais pouvoir jouer », a expliqué le joueur d'Auburn après sa victoire.

La victoire lui a rapporté 1 584 000 dollars et un bond de 124 places à la FedExCup, jusqu'au 70e rang — le dernier qualificatif pour les séries éliminatoires.

Les chiffres clés

  • 21 ans : plus jeune joueur de l'équipe américaine depuis Jordan Spieth
  • 3 : ses départs professionnels avant de gagner, deuxième temps le plus rapide de l'histoire pour s'imposer sur le PGA Tour
  • 259 : son total au 3M Open, 25 sous le par, record du tournoi
  • 61 : sa carte du troisième tour, avant un 66 final sans bogey
  • 11 : ses victoires sous les couleurs d'Auburn, record du programme
  • 2 : ses triplés Haskins-Hogan-Nicklaus, en 2024 et 2026, une première
  • 124 : les places gagnées à la FedExCup grâce au 3M Open, jusqu'au 70e rang

Ce que Snedeker est allé chercher

Le capitaine américain n'a pas caché son raisonnement au moment d'annoncer sa sélection.

Chargement du tweet...
🇫🇷traduction du tweet

« Ce gamin est spécial, il a besoin d'une occasion et je pense que c'est le bon endroit pour la lui donner » 👀 Brandt Snedeker détaille ce qui l'a décidé à sélectionner Jackson Koivun dans l'équipe de la Presidents Cup ⬇️

L'intégration, elle, a commencé tôt. Lundi, pour son premier tour de reconnaissance, Koivun a tourné avec Justin Thomas, Wyndham Clark et Collin Morikawa — trois joueurs qui cumulent les sélections en équipe et savent à quoi ressemble un dimanche de match play. Le reste du groupe américain, et le plateau international réuni par Geoff Ogilvy, sont détaillés dans notre présentation des deux équipes.

Medinah, un parcours qui a déjà puni les certitudes

Il y a une ironie à envoyer un débutant précisément là. En 2012, sur ce parcours, l'équipe américaine de Ryder Cup menait largement avant le dernier jour, et l'Europe a renversé la rencontre dans ce qui reste connu sous le nom de Miracle de Medinah. Ce dimanche-là, Bubba Watson avait ouvert les hostilités en demandant au public de crier pendant son coup de départ, face à Luke Donald. Donald a gagné le match.

La leçon n'est pas anecdotique : à Medinah, l'avantage du terrain et la ferveur du public n'ont pas suffi. Un joueur qui n'a jamais connu ce format découvrira les deux d'un coup, dans le sens favorable cette fois, puisque le public sera derrière lui.

Ce que la Presidents Cup va réellement mesurer

Voilà où se situe la vraie question, et elle n'a rien à voir avec le talent. Tout ce que Koivun a prouvé jusqu'ici, il l'a prouvé seul, en stroke play, sur quatre tours, avec le droit de perdre un trou sans conséquence immédiate. La Presidents Cup fonctionne autrement : chaque trou est un verdict, on joue pour un partenaire autant que pour soi, et une série de trois bogeys ne se rattrape pas au tour suivant. C'est une compétence distincte, que ni le record de Medinah, ni le triplé Haskins-Hogan-Nicklaus, ni même une victoire devant Scheffler ne permettent d'évaluer.

Le seul indice disponible vient de lui. Interrogé après sa victoire au 3M Open, il expliquait avoir surtout progressé sur un point ces dernières années : sa capacité à battre des adversaires par la tête plutôt que par le seul niveau de jeu. Si c'est vrai, le format ne devrait pas l'effrayer. Scheffler, de son côté, considère que la génération qui sort des universités américaines arrive nettement mieux préparée qu'avant.

Notre pari : Koivun n'est pas là pour faire de la figuration en fond de classement, et Snedeker ne l'a pas pris pour l'exposer. Le vrai test n'est pas de savoir s'il tiendra la pression — il l'a déjà fait avec le numéro un mondial dans le dos — mais s'il saura jouer pour un autre que lui. C'est cette réponse, pas le nombre de points qu'il rapportera, qui dira si la prochaine grande star américaine est bien celle-là.

En France, la Presidents Cup est à suivre sur Canal+ Sport et Golf+ du 24 au 27 septembre ; le détail des horaires figure dans notre guide pour suivre Medinah depuis la France.

Où regarder en France

Diffusion :Canal+ SportGolf+

Horaires détaillés à venir dans le guide TV.

Programme TV golf complet →
Partager cet article

À lire aussi

100 % gratuitSans pub intrusiveDonnées jamais revenduesMédia indépendantPar les fans, pour les fans
Pourquoi c’est gratuit ?