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Rahm parti, le PGA Tour garde ses conditions de retour floues

Après Rahm, le PGA Tour n'a toujours pas dit à quelles conditions on revient du LIV

Rahm parti, le PGA Tour garde ses conditions de retour floues

Jon Rahm ne jouera pas le LIV Golf 2.0, et son départ ramène au centre du jeu la question que le PGA Tour n'a jamais tranchée publiquement : à quelles conditions un ancien dissident peut-il récupérer une carte.

Le PGA Tour n'a pas ouvert sa porte, il a seulement listé ses verrous

Le départ de Rahm n'est plus une hypothèse, et il n'est plus isolé. Le double vainqueur de majeur ne prendra pas part à la nouvelle version du circuit saoudien, après avoir jugé inacceptables les conditions du redémarrage. Adrian Meronk a emboîté le pas, David Puig également, et le contrat de Sergio García a été officiellement résilié mardi dernier par décision de justice — une procédure que l'Espagnol avait lui-même engagée en s'appuyant sur le placement du LIV sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites.

Sortir du LIV et entrer au PGA Tour sont pourtant deux opérations distinctes. La première relève désormais d'un tribunal. La seconde dépend d'un circuit qui, depuis l'été, répète ses exigences sans jamais afficher de tarif.

Les trois verrous posés par Brian Rolapp

Le directeur général du PGA Tour a fixé le cadre dès le mois d'août, au Tour Championship, et l'a redit en septembre. Le premier verrou est contractuel.

Quiconque souhaite venir au PGA Tour doit démontrer qu'il est délié de ses engagements contractuels.

La formule est de Brian Rolapp, et elle vise exactement la situation dans laquelle les joueurs se débattent aujourd'hui. Le deuxième verrou est sportif : le dirigeant rappelle que son circuit est bâti sur la méritocratie. Le troisième est disciplinaire, et c'est le plus sec — « les règles comptent », a-t-il insisté, en assumant de faire ce qui lui semble le mieux pour le PGA Tour avant tout.

Le programme de janvier n'a trouvé qu'un preneur

Une porte avait bien été entrouverte en janvier, avec un dispositif de réintégration proposé à quatre joueurs : Brooks Koepka, Bryson DeChambeau, Cameron Smith et Rahm. Un seul a signé avant l'expiration du programme, Koepka. Les trois autres ont laissé passer. Rolapp a depuis prévenu qu'aucun dispositif de ce type n'était à l'ordre du jour et que tout nouveau retour serait nettement plus restrictif. García, de son côté, est suspendu un an du PGA Tour, décompté depuis le dernier tournoi LIV qu'il a joué.

Autrement dit, les trois joueurs qui ont refusé la main tendue de janvier se retrouvent face à une porte plus étroite, au moment précis où ils en ont le plus besoin.

Schauffele : 225 cartes, et autant d'avis

Interrogé après le troisième tour du Baycurrent Classic, au Japon, Xander Schauffele a renvoyé la question au vestiaire plutôt qu'à la direction.

Il y a 225 joueurs titulaires d'une carte, et si vous les interrogiez tous, vous obtiendriez probablement trois ou quatre cases de ressentis.

Le détail de ces cases, l'Américain l'a donné lui-même : certains s'en moquent, certains sont vraiment agacés, certains réclament une lourde amende, certains les laisseraient revenir dès demain. Sur sa propre position, il a botté en touche, expliquant qu'il essayait la plupart du temps de s'occuper de ses affaires. Sur Rahm, il s'en est tenu au constat : l'Espagnol a fait ce qui était le mieux pour lui, comme chacun d'eux, et il dit ignorer si le circuit lui a proposé une place comme lors de la fenêtre précédente. Pour Schauffele, la suite se jouera probablement sur le DP World Tour.

La vraie porte s'appelle Race to Dubai

C'est là que le dossier devient francophone. Le circuit européen est la seule voie de retour praticable à court terme, et Rahm n'a pas besoin d'y faire son trou : il y figure déjà. Au classement de la Race to Dubai arrêté au 7 octobre, l'Espagnol occupe le 43e rang avec 1 025,45 points, en sept tournois seulement. Puig est 32e, Meronk 38e. Devant, Patrick Reed mène la saison européenne avec 3 423,62 points en dix-huit épreuves, Rory McIlroy le suit à 3 115,86.

Pour les Français, le calcul est moins confortable. Julien Guerrier, le mieux classé d'entre eux, est 28e avec 1 186,14 points — à peine plus que Rahm, mais en vingt-deux tournois au lieu de sept. Derrière lui, Tom Vaillant est 63e, Ugo Coussaud 68e, Martin Couvra 71e et Antoine Rozner 75e. Les arrivées venues du LIV s'insèrent donc au-dessus d'une bonne partie de ce peloton, sans avoir eu à en disputer la saison complète.

Le calendrier, lui, se referme. Les candidats à la carte européenne ont jusqu'au 1er novembre pour déposer leur dossier d'adhésion en vue de 2027, une échéance que l'entourage de Bryson DeChambeau a déjà commencé à sonder. Le LIV, lui, a repoussé au 25 octobre l'engagement de ses propres joueurs. Une semaine sépare les deux dates, et c'est dans cet intervalle que plusieurs carrières vont basculer.

Les chiffres clés

  • 225 : le nombre de joueurs titulaires d'une carte du PGA Tour, selon Xander Schauffele
  • 1 sur 4 : Brooks Koepka, seul des quatre joueurs sollicités en janvier à avoir accepté le dispositif de réintégration
  • 43e : le rang de Jon Rahm à la Race to Dubai, avec 1 025,45 points en sept tournois
  • 28e : le rang de Julien Guerrier, meilleur Français, avec 1 186,14 points en vingt-deux tournois
  • 1er novembre : la date limite d'adhésion au DP World Tour pour la saison 2027

Rolapp a donc posé ses conditions sans annoncer de prix, et c'est ce vide qui pèse le plus lourd. Tant que le PGA Tour ne dira pas ce que coûte un retour — une amende, une saison de purgatoire, un détour obligatoire par l'Europe —, chaque sortie du LIV restera un pari à l'aveugle. Rahm, lui, a une saison entière pour le tenter depuis l'Europe. Les Français auront le même classement à défendre, avec quelques concurrents de plus.

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