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Chez Patrick Colsaerts, 38 ans de carrière de son fils tiennent dans la maison

À Rixensart, le père de Nicolas Colsaerts a tout gardé : 80 albums, 2 000 balles et les sacs de Medinah

Chez Patrick Colsaerts, 38 ans de carrière de son fils tiennent dans la maison

À Rixensart, dans le Brabant wallon, Patrick Colsaerts conserve chez lui les 38 ans de carrière de son fils Nicolas : 80 albums de coupures de presse, plus de 2 000 balles de practice et les sacs de la Ryder Cup 2012.

Une maison devenue l'archive du golf belge

Deux pièces en cave, un meuble dans une chambre, un bureau au premier étage : chez Patrick Colsaerts, la carrière de son fils a fini par occuper la maison entière. Le père de Nicolas Colsaerts a ouvert les portes de ce lieu à La Libre Belgique, qui en fait « le secret le mieux gardé du golf belge ». Rien n'y a été jeté depuis 1988, l'année où son fils unique, alors âgé de six ans, a commencé à taper des balles.

« J'ai directement tout gardé : ses premières cartes de score, les photos, les vidéos de ses premiers cours. J'ai son swing à six ans. »

— Patrick Colsaerts, dans La Libre Belgique

80 albums, classés année par année

La méthode n'a rien d'approximatif. Dans son bureau du premier étage, Patrick Colsaerts range 80 albums classés chronologiquement, qui rassemblent les coupures de presse belges et étrangères consacrées à son fils. « Tout est daté et détaillé », résume-t-il. Lui-même se décrit sans détour : « Je suis un conservateur. J'ai tout gardé. C'est mon petit plaisir à moi. » Son épouse, elle, se demande surtout où tout cela finira par tenir : « Ma femme me demande où je vais mettre tout mon brol. »

Deux mille balles et les joyaux de la couronne

La cave abrite les deux volets les plus spectaculaires de l'ensemble. Dans la première pièce, plus de 2 000 balles de practice sont rangées dans des cartons à œufs, une collection qui raconte à elle seule l'évolution du matériel. « Pour les balles, on voit l'évolution. Avant, elles étaient plus petites », explique le collectionneur, qui sait reconnaître au passage le logo de la fédération belge sur certaines d'entre elles.

La seconde pièce réunit ce que la famille appelle les joyaux de la couronne : les trophées et plus d'une trentaine de sacs. S'y ajoutent des objets plus intimes, comme ce polo de la Winter Cup Junior disputée aux États-Unis en 1999, signé par tous les participants, ou les autographes que Nicolas lui-même avait collectés lors d'une compétition en 1996, bien avant de devenir celui qu'on vient faire signer.

Medinah 2012, la pièce maîtresse

Un objet fait monter le rythme cardiaque du père plus que les autres : le sac utilisé lors de la Ryder Cup 2012 à Medinah. On comprend pourquoi. Premier Belge à disputer la compétition, Nicolas Colsaerts y a signé l'un des débuts les plus mémorables de l'histoire récente de l'épreuve : associé à Lee Westwood, il a rentré huit birdies et un eagle pour battre Tiger Woods et Steve Stricker dans les fourballs du vendredi, en lever de rideau de la remontée européenne entrée dans la légende sous le nom de « Miracle de Medinah ».

Dans la chambre, un meuble entier est consacré à cette semaine-là. Pour Patrick Colsaerts, elle valide à elle seule des décennies d'accompagnement : « Tout gamin grandit avec deux rêves : gagner la Ryder Cup et un Majeur. » Un rêve sur deux, donc, pour un joueur qui compte par ailleurs trois victoires sur le DP World Tour — le Volvo China Open en 2011, le Volvo World Match Play Championship en 2012 et l'Open de France au Golf National en 2019.

Un père en retrait, et une collection sans destination

Ce qui frappe, c'est la distance que ce père a toujours tenue avec la carrière qu'il archivait. « Ma présence dérangeait un petit peu. Des parents ont perdu la tête face à la notoriété de leur fils. Moi, je connaissais la limite », explique-t-il. Le fils, lui, n'a pas hérité du virus : « Nicolas n'a pas l'âme d'un collectionneur mais il est content de revoir certains objets », confie Patrick Colsaerts, qui ajoute que « même Nicolas ne savait pas tout ce qu'il y avait ici ».

Reste une question ouverte, que le collectionneur pose lui-même. « Je n'ai aucune idée de ce que je vais faire de tous ces objets. Certains ont une grande valeur. » L'idée d'un livre revient régulièrement dans son entourage, mais il refuse d'en faire une opération : « Certains pensent qu'on devrait écrire un bouquin sur la carrière de mon fils. Il faut que le projet ait du sens pour Nicolas. » Et de préciser aussitôt : « Moi, je ne suis pas capable d'écrire un livre. »

La question se pose avec d'autant plus d'acuité que le chapitre sportif, lui, est refermé. Nicolas Colsaerts a fait ses adieux au DP World Tour au printemps dernier, sur le sol belge, après plus de cinq cents départs sur le circuit européen.

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504 tournois sur le DP World Tour. Un dernier chapitre. Nicolas Colsaerts fera ses adieux lors de son 505e départ : le Soudal Open, à domicile.

Le golf belge n'a pas de musée. Il a, à Rixensart, une cave, un bureau et une chambre qui en tiennent lieu — et un père qui en est, de son propre aveu, « extrêmement fier ». De quoi rappeler, à l'heure où l'actualité du golf francophone se joue ailleurs, que les carrières se gardent aussi en cartons à œufs.

Les chiffres clés

  • 38 ans : la durée de « carrière » de Nicolas Colsaerts archivée par son père, depuis 1988
  • 6 ans : l'âge auquel Nicolas commence le golf, et à partir duquel Patrick conserve tout
  • 80 : le nombre d'albums de coupures de presse, classés chronologiquement
  • 2 000 : les balles de practice conservées, rangées dans des cartons à œufs
  • 8 birdies et 1 eagle : la carte de Colsaerts et Westwood pour battre Woods et Stricker à Medinah en 2012
  • 504 : les départs sur le DP World Tour avant son dernier tournoi, au Soudal Open
  • 3 : ses victoires sur le DP World Tour, de 2011 à 2019

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