Matt Morin, vice-président des ventes de True Spec Golf, détaille pour Golf.com ce qu'un shaft de driver amélioré apporte de plus qu'un shaft d'origine, à travers trois modèles affichés entre 350 et 379 dollars.
Le shaft, la pièce que l'on choisit en dernier et qui décide de tout
Deux drivers peuvent porter la même tête, la même peinture sur la tige et le même nom de modèle, et ne pas envoyer la balle au même endroit. C'est le point de départ de Matt Morin : ce qui sépare un shaft amélioré d'un shaft d'origine, explique le fitter, tient d'abord à la tolérance de fabrication, c'est-à-dire à l'écart accepté entre la pièce vendue et sa fiche technique. Les matériaux et la technologie employés sur les versions vendues séparément rendent, selon lui, ces shafts plus performants que l'option montée en série, pour un driver par ailleurs identique.
La nuance a son importance au moment de sortir la carte bleue : un shaft d'origine est compris dans le prix du club, un shaft amélioré se paie en plus. Golf.com rappelle pourtant que la tige est souvent reléguée au second plan par les joueurs, alors que choisir la bonne marque et le bon flex pour un swing donné reste un ingrédient essentiel de tout fitting sur mesure. Le raisonnement vaut d'ailleurs pour le reste du sac : le driver le plus utilisé sur le circuit ne sera pas le vôtre pour autant.
Les quatre réglages qui changent votre balle
Avant de comparer des modèles, il faut savoir ce que l'on cherche. Quatre paramètres suffisent à décrire un shaft, et chacun agit sur un défaut précis.
- Le flex. Trop rigide, il fait partir la balle trop bas, avec trop peu d'effet rétro et un sommet de trajectoire écrasé. Trop souple, il fait monter la balle trop haut, tourner davantage, et élargit la dispersion.
- Le poids. Plus un shaft est lourd, plus la balle a tendance à voler bas et à tourner moins. Plus il est léger, plus elle monte et tourne.
- Le point de flexion. Un point de flexion haut abaisse la trajectoire, un point de flexion bas la relève. C'est le réglage à regarder quand la hauteur de balle est le problème principal.
- Le torque. Il joue surtout sur le ressenti : un torque faible donne une sensation rigide, un torque élevé une sensation plus souple et plus vivante. La logique est la même que sur les putters à torque nul, où la résistance à la torsion se sent dès la prise en main.
La longueur, souvent oubliée, complète le tableau : un shaft plus long dégrade la régularité de l'impact et rapproche le point de contact du talon, un shaft plus court resserre la zone d'impact mais la déplace vers le bout de la face.
Les trois modèles que les fitters sortent le plus souvent
Matt Morin en retient trois, avec leurs prix affichés chez le revendeur américain Fairway Jockey.
- Fujikura Ventus Blue, 350 dollars. Premier profil à intégrer la dernière évolution de la technologie VeloCore de Fujikura, il vise une dispersion resserrée et une vitesse de balle en hausse.
- Graphite Design Tour AD DI, 379 dollars. Décliné en DI-5, DI-6, DI-7 et DI-8 et construit avec le matériau NANOALLOY de Toray, il cherche une trajectoire haute et peu tournante. Morin le destine au joueur qui préfère une partie centrale souple, avec un bout de shaft assez ferme au moment de l'impact.
- Mitsubishi Chemical Diamana WB, 360 dollars. Une fibre de brai Dialead à très haut module, dite 80 tonnes, occupe la partie haute du shaft, pour un comportement bas-bas et la stabilité qui a fait la réputation de la gamme.
« La hauteur de balle et la capacité à arrêter la balle sont les clés pour mieux jouer », résume Matt Morin à propos du Tour AD DI.
Le fitter défend surtout l'idée d'un accès : ces références permettent, dit-il, de jouer la même marque et le même modèle qu'un professionnel tout en choisissant une version qui complète le jeu du golfeur amateur au lieu de le contrarier.
Les erreurs qui coûtent 350 dollars pour rien
- Copier le shaft d'un joueur du circuit. L'image de Golf.com est cruelle et juste : acheter un shaft parce qu'un autre l'utilise revient à acheter une veste à la taille de Tiger Woods parce que c'est celle qu'il porte.
- Traiter le flex comme une étiquette. Un « stiff » n'a ni le même poids ni le même profil d'un fabricant à l'autre ; seule la trajectoire produite fait foi.
- Changer de shaft pour corriger un défaut de swing. Un shaft déplace une trajectoire, il ne répare pas une trajectoire de balle instable d'un coup à l'autre.
- Acheter sans mesure. Sans chiffres de vitesse, de hauteur et d'effet rétro, la comparaison se résume à une impression. Les radars de lancement portables ont largement démocratisé cette mesure.
La marche à suivre
- Identifiez le défaut dominant de votre driver : balle trop basse, trajectoire en cloche, ou dispersion trop large.
- Appliquez la règle de Tim Briand, de True Spec Golf : des coups bas et peu tournants appellent un flex légèrement plus souple, des balles qui montent en cloche appellent un flex plus rigide.
- Faites établir vos repères chiffrés avant tout essai, pour disposer d'une base de comparaison.
- Testez deux à trois shafts au maximum dans une même session, en changeant un seul paramètre à la fois.
- Validez la tige retenue sur une série complète de coups, pas sur le meilleur d'entre eux.
Un dernier conseil, martelé par Golf.com : le fitting de shaft se fait sous l'œil d'un professionnel, pas dans un panier de balles au practice. C'est la seule manière de savoir si les 350 dollars supplémentaires achètent des mètres et de la régularité, ou seulement une plus belle peinture — une question qui revient dans presque tous nos essais d'équipement.


