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Els, Mediate, Appleby et Leonard rejouent le U.S. Open 2000 de Woods

Battus de quinze coups à Pebble Beach, ils racontent encore le Tiger Woods de 2000

Els, Mediate, Appleby et Leonard rejouent le U.S. Open 2000 de Woods

Vingt-six ans après le U.S. Open que Tiger Woods a remporté de quinze coups à Pebble Beach, les joueurs qu'il avait battus sont revenus sur le parcours californien en septembre 2026, et ce n'est pas l'écart au classement qu'ils retiennent.

Le souvenir d'une semaine où il n'a rien manqué

Ernie Els en rit encore. Le Sud-Africain a partagé les dix-huit trous du dernier tour avec un Tiger Woods qui comptait déjà dix coups d'avance après cinquante-quatre trous et qui a continué d'appuyer jusqu'au 18. Vingt-six ans plus tard, on lui redemande toujours la même chose : à quoi ressemblait cette journée, vue du même fairway ?

« J'ai eu droit à cette question pendant une vingtaine d'années de ma vie. Jouer avec un type qui a joué comme Tiger a joué toute cette semaine-là, et surtout ce dimanche-là… je ne crois pas qu'il ait réellement manqué un coup. »

Ces témoignages, le magazine américain GOLF les a recueillis au PURE Insurance Championship 2026, une épreuve du PGA Tour Champions disputée sur cinquante-quatre trous à Pebble Beach. Une poignée de joueurs engagés cette semaine-là figuraient déjà dans le plateau de juin 2000 : Ernie Els, Rocco Mediate, Stuart Appleby, Justin Leonard. Aucun ne commence par parler du score.

Ce qui les a marqués n'est pas ce que dit le classement

Mediate, lui, affirme avoir compris avant tout le monde ce qui allait se produire : « Je savais bien avant que ça arrive qu'il allait le faire. » Celui qui a rendu 297 cette semaine-là, vingt-cinq coups de plus que le vainqueur, résume son impression en une phrase — « Il avait tout. Mentalement, il était ridicule, mais physiquement, il l'était aussi » — avant d'ajouter, sur les coups eux-mêmes, une formule qui en dit long sur l'époque :

« Les coups qu'il a joués, aucun ne m'a surpris — parce qu'ils étaient injouables. »

Appleby, qui a manqué le cut en 2000, garde l'image d'un parcours soumis plutôt que battu : « Je ne saurai jamais comment il a fait. C'était comme s'il l'avait conquis. Et pourtant, il continuait simplement à faire des pars. » Leonard, lui, situe le choc à l'endroit précis où un terrain rendu ferme humilie un professionnel : « Quand ça devient ferme, que les greens deviennent vraiment fermes et que le rough est aussi épais, ça peut vous faire sentir plutôt humain. Tiger ne l'était pas beaucoup de semaines, mais certainement pas celle-là. » Après ce tournoi, dit-il encore, il s'est senti inférieur.

Les chiffres clés

  • 272 (−12) : le total de Woods du 15 au 18 juin 2000, avec des tours de 65, 69, 71 et 67.
  • 15 coups : la marge de victoire, toujours la plus large de l'histoire des tournois majeurs.
  • 287 (+3) : le total d'Ernie Els et de Miguel Ángel Jiménez, deuxièmes ex æquo.
  • 1 seul joueur a terminé au par ou mieux, et c'était lui.
  • 10 coups : son avance après trois tours, la plus grosse jamais vue à ce stade d'un U.S. Open.
  • 156 joueurs au départ, 63 après un cut fixé à 149 (+7).
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🇫🇷traduction du tweet

Classement final du U.S. Open 2000 à Pebble Beach. -12 : Tiger Woods. De -11 à +2 : personne. +3 : Miguel Jiménez, Ernie Els.

Le seul Français du tableau est reparti le vendredi soir

Côté francophone, la semaine a été courte. Jean Van de Velde, seul Français inscrit au tableau des scores, a rendu 76 et 76 : un total de 152, trois coups au-dessus d'un cut fixé à 149. Onze mois plus tôt, il perdait l'Open britannique de Carnoustie sur un triple bogey au dernier trou, puis dans un barrage remporté par Paul Lawrie — un barrage où figurait aussi Justin Leonard, l'un des quatre joueurs qui racontent aujourd'hui leur Pebble Beach.

Le Canadien Mike Weir, qui allait devenir trois ans plus tard le premier vainqueur canadien du Masters et le premier gaucher à le remporter, a fait mieux sans faire beaucoup mieux : 293, le même total que Leonard, soit vingt et un coups derrière Woods. C'est l'autre façon de mesurer cette semaine-là. Les meilleurs de leur génération ont joué leur golf, et ils étaient hors sujet.

Le moment où le golf a basculé, selon Els

Reste à savoir ce que cette démonstration a changé. Pour Els, la réponse est nette : « J'ai su que le jeu avait changé, surtout ce jour-là. Il avait évidemment déjà gagné de grands tournois avant ça, mais c'était vraiment, sérieusement, la passation de pouvoir dans le sport. » Vingt-six ans plus tard, aucun des trois autres n'est venu contredire ce diagnostic : tous décrivent la même semaine, celle où le golf a cessé d'être une compétition ouverte.

Le vingt-septième anniversaire de cette victoire tombera en juin prochain, et le parcours qui l'a vue naître aura encore bougé : un cyprès a disparu du 16 et un autre a été planté au 18, changements que les joueurs ont justement découverts lors de ce PURE Insurance Championship. Les greens, eux, n'ont rien perdu de ce que décrivait Leonard : ils continuent de rendre les golfeurs très humains. Un seul y a échappé quatre jours d'affilée, et c'était en juin 2000.

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