Sergio García a déposé le 30 septembre, devant le tribunal des faillites du New Jersey, une requête demandant que son contrat avec le LIV Golf soit officiellement déclaré résilié, un point que le juge doit trancher le 7 octobre.
Rejeter un contrat n'est pas le résilier
Les avocats de Sergio García, du cabinet Baker & McKenzie, ne s'opposent pas à ce que le LIV Golf se débarrasse de son contrat dans le cadre de sa faillite. Ils demandent même l'inverse de ce qu'on pourrait imaginer : que le juge aille plus loin et acte par écrit que l'accord est mort.
La nuance paraît byzantine, elle est centrale. Le droit américain des faillites considère qu'un contrat « rejeté » par une entreprise en redressement est rompu, pas résilié. L'accord subsiste donc sur le papier, avec ses clauses, ses exclusivités et ses interdictions. Pour un joueur de 46 ans qui veut reconstruire un calendrier, c'est une zone grise difficilement tenable : ni les organisateurs de tournois, ni les sponsors, ni les partenaires commerciaux ne peuvent vérifier s'il est encore lié au circuit saoudien.
Sergio Garcia a déposé une requête devant le tribunal des faillites pour faire officiellement résilier son contrat avec le LIV Golf.
Ce que la requête demande au juge
Le document, une réponse de portée limitée déposée au nom du joueur et de sa société Even Par LLC, s'appuie sur la section 365(g) du code des faillites et sur un arrêt de la Cour suprême des États-Unis, Mission Product Holdings contre Tempnology. La formule est sèche :
García demande respectueusement que toute décision autorisant le rejet de l'accord précise que l'accord est résilié ou, à défaut, qu'elle modifie la suspension automatique afin de permettre à García de mettre fin à l'accord conformément à ses termes.
Selon son avocat, l'objectif est de pouvoir prouver qu'il est libre de tout engagement contractuel concurrent. L'argument du camp espagnol est habile : cette résiliation ne devrait gêner personne, puisque le LIV Golf a lui-même affirmé que ce contrat ne faisait plus partie de son plan d'activité.
Un circuit qui cherche à effacer ses contrats de joueurs
Le contexte est celui d'un effondrement. Le LIV Golf a annoncé le mardi 8 septembre son placement sous la protection du chapitre 11, dans le New Jersey, après la décision du fonds souverain saoudien de cesser de financer l'aventure, lancée en 2022. Le circuit a demandé au tribunal l'autorisation de rejeter une série de contrats et de baux — bureaux, préparateurs physiques des équipes — mais aussi les contrats de joueurs, c'est-à-dire des garanties futures qui se chiffrent, pour certains, à huit ou neuf chiffres.
Les sept plus gros créanciers non garantis du dossier sont tous des golfeurs : Jon Rahm, Bryson DeChambeau, Dustin Johnson, Cameron Smith, Adrian Meronk, Tyrrell Hatton et Bubba Watson. Du côté du circuit, le discours reste celui de la renaissance, comme l'a résumé son directeur général Scott O'Neil au moment du dépôt :
Cette procédure nous donne la structure et le temps nécessaires pour mener une opération majeure et ouvrir le prochain chapitre du LIV Golf.
Les joueurs, eux, naviguent à vue depuis des semaines : plusieurs d'entre eux reconnaissaient fin septembre ignorer encore ce qui les attend en 2027. García, capitaine des Fireballs GC, a choisi de reprendre la main plutôt que d'attendre la décision du tribunal.
Les chiffres clés
- 30 septembre 2026 : date du dépôt de la requête de García devant le tribunal des faillites du district du New Jersey
- 7 octobre 2026 : audience au cours de laquelle le juge Michael B. Kaplan doit trancher
- 8 septembre 2026 : annonce du placement du LIV Golf sous le chapitre 11
- 500 millions à 1 milliard de dollars : fourchette du passif estimé du circuit
- 100 à 500 millions de dollars : fourchette de ses actifs estimés
- 1 000 à 5 000 : nombre de créanciers déclarés
- 64 millions de dollars : montant cumulé dû aux trente plus gros créanciers
Le DP World Tour en ligne de mire pour 2027
Derrière la procédure, il y a un projet sportif. Après une saison sans licence au DP World Tour, García a confirmé son intention de revenir sur le circuit européen en 2027. Ses contentieux juridiques avec le circuit, liés à son passage au LIV, sont réglés, et il est en règle au regard de son adhésion.
C'est évidemment quelque chose que j'ai toujours dit vouloir faire. À 46 ans, je ne peux pas jouer trente tournois par an, mais je vais faire l'effort de voir si je peux au moins en jouer une poignée et y faire de mon mieux.
Le mouvement n'a rien d'isolé : le DP World Tour est redevenu le point de passage obligé de tous ceux qui cherchent une porte de sortie, comme l'a montré le plateau de l'Alfred Dunhill Links Championship cette semaine. En août déjà, l'Espagnol détaillait le calendrier hybride qu'il imaginait pour 2027, entre tournois du LIV, levées du Grand Chelem, DP World Tour et Asian Tour.
Reste à savoir ce que le juge Michael B. Kaplan décidera le 7 octobre. Le magistrat qui supervise le dossier a la réputation d'être favorable aux débiteurs et d'expédier les procédures, ce qui plaide plutôt pour une issue rapide. Si la résiliation est actée, l'Espagnol disposera d'une décision écrite établissant que le contrat qui le liait au circuit saoudien n'existe plus. Une référence qui intéressera tous les joueurs dont le LIV demande le rejet des contrats, et plus encore ceux qui préparent déjà leur sortie.


